Calcul de l’emport de carburant

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Belles images de la-ferte-alais 2009

Dans la préparation des vols, soignez votre « devis carburant ». Si le devis de masse le permet, embarquez en plus qu’il n’en faut car:
« Un moteur n’a pas d’âme et nous ne lui connaissons aucun sentiment. Le moteur qui est arrivé au moment précis où il doit défaillir, le fera sans aucun souci pour le décor que vous survolez et pour vous-même »
A.P Monville et A Costa.

La gestion du carburant  doit être une  préoccupation majeure du commandant de bord:

  • Au départ, en voyage : consommation prévue (délestage) pour la mise en route, le roulage, la montée, la croisière, la descente, l’arrivée, et le roulage, compte tenu de l’altitude de vol et du vent sur la route + 30 minutes en croisière économique.
    Partez avec les réservoirs pleins si cela n’excède pas les limites de masse et centrage
  • À l’atterrissage, en vol en local, toujours en vue de l’aérodrome, réserve finale pour 10 minutes de vol.
  • À l’atterrissage, en local ou en voyage : réserve finale pour  30 minutes de vol.

Il faut toujours tenir compte de l’imprécision des jauges ainsi que des majorations qui peuvent être fixées par le règlement de l’aéroclub. (source mémo du pilote FFA)

Notez bien qu’en cas de panne réelle du moteur en vol, c’est le plus souvent le changement de sélection de réservoir de carburant qui redémarrera le moteur entraîné par l’hélice !

Le moyen mnémotechnique : MECC: mélange plein riche, essence ouverte, pompe sur On et changement de réservoir, contacts sur both, réchauffage carburateur sur froid, est à appliquer.

Prenez l’habitude, au démarrage du moteur, de noter à quelle heure il s’arrêtera, faute de carburant! Il ne faut pas faire confiance aux jauges !

La consommation de votre avion est précisée dans le manuel de vol.
De façon empirique la consommation l/h = 2 x P (HP) / 10
Pour un 180 CV: 2 x (180 / 10) = 36 l/h

Calcul réglementaire de consommation en navigation aérienne VFR
–  Carburant réglementaire : pour le vol en fonction de la Météo estimée, ou carburant pour un trajet sans vent +  réserve permettant 30 mn un vol en croisière économique de jour et 45 mn en VFR de nuit.

Le carburant minimum réglementaire à embarquer pour un vol de jour est donc :

Carburant nécessaire au trajet + 30’

Exemple concret pour un DR400 120 CV: à la consommation moyenne: 25 l/h. Navigation de 180 Nm, vent effectif  20 kT,  Vitesse propre 110 kT.
Temps nécessaire: 180 / (110 -20) = 2 h 00 soit une consommation sur le parcours:                 2 x 25 = 50  l
+ 5 l de roulage
+ 5 l pour intégration et atterrissage
+ 30 mn de réserve réglementaire : 13 l
+ 30 mn de dégagement : 13 l

  • Carburant minimum raisonnable emporté : 50 + 5 + 5 + 13 + 13  = 86 litres
  • Carburant minimum réglementaire emporté : 50 + 5 + 5 + 13 = 73 litres

Règlementation club ACBF: en vol local, carburant minimum pour 2 heures de vol (sauf accord d’un instructeur pour les tours de piste), forfait de 10 litres pour le roulage et une réserve finale de 30 mn portée à 1 heure.

  • Gestion carburant de notre aéroclub dans cet exemple: 50 + 10 + 25 = 85 litres

Attention à la quantité de carburant inutilisable (attention aux 10 derniers litres), au calcul avec le minima à + 30 mn réglementaire, car la marge est faible !
Conseil : contrôler systématiquement l’avitaillement, en fonction du centrage partir avec le plein et / ou prévoir un ravitaillement : Bidon plein cœur léger !

Pensez à la quantité de carburant inutilisable, au lubrifiant, et au changement de réservoir toutes les 30’ (ou suivant le manuel de vol ) si plusieurs réservoirs.

Le règlement intérieur d’un club peut imposer un forfait de 10 l pour la phase de roulage, et une réserve finale sur le terrain de destination portée à 1 heure de vol.

A quand les débitmètres en série sur les avions?

En vigueur depuis le 15 novembre 2012 :
Carburant minimal : Expression employée pour décrire une situation dans laquelle la quantité de carburant à bord est devenue telle que l’aéronef doit obligatoirement se poser sur un aérodrome précis et ne peut pas supporter un allongement du temps de vol.
Note. — L’expression conventionnelle à utiliser en radiotéléphonie pour indiquer une telle situation est « MINIMUM FUEL ».
Expression “MAYDAY FUEL” : expression conventionnelle à utiliser en radiotéléphonie pour notifier à l’ATC une situation de détresse liée à la quantité de carburant disponible à bord de l’aéronef, en langue française et en langue anglaise.
Le pilote commandant de bord signalera une situation d’urgence carburant en diffusant le message « MAYDAY MAYDAY MAYDAY FUEL » si les calculs indiquent que la quantité de carburant utilisable présente dans les réservoirs à l’atterrissage à l’aérodrome le plus proche où un atterrissage en sécurité peut être effectué sera inférieure à la réserve finale prévue. »

Gestion pendant le vol :
En vol, la gestion de la consommation du carburant doit être une des principales préoccupations du pilote avec celle de la maîtrise de la trajectoire car, sans essence, le choix de la trajectoire devient très limité.

La gestion s’appuie alors sur le suivi des quantités de carburant consommées mais aussi restantes. Il est impératif et essentiel aussi d’utiliser correctement les différents réservoirs. (attention au centrage)

De ce fait, le suivi de la consommation commence le plus tôt possible après la mise en croisière. Pour l’effectuer correctement, le pilote doit prendre en compte :
– Le vent subi : La recherche du vent subi doit s’effectuer avant toute chose mais ensuite il est nécessaire de le vérifier en fonction des éléments de navigation.
– Le régime moteur adopté : Le bon régime moteur doit être systématiquement adapté.
– Le réglage de richesse : Le réglage de la richesse doit s’effectuer en fonction de l’altitude du vol.
– Le temps passé : Le temps passé, depuis la mise en route du moteur et les diverses phases de vol, doit être connu du pilote pour calculer avec précision la consommation.
– Le temps restant : Le temps restant doit être vérifié en fonction des divers éléments observés.

En outre, l’actualisation de la consommation prévue doit être effectuée dès qu’un changement significatif intervient comme par exemple :

* Un renforcement du vent effectif.
* Un déroutement météorologique.
* Un déroutement pour contournement d’une zone à fort trafic.
* Un déroutement sur demande des passagers pour un survol touristique.
* Tout autre changement de trajectoire rallongeant la navigation.

A noter que dans tous les cas, notamment au moindre doute, le déroutement technique est préférable au vol vers la destination à tout prix, ce qui permettra « peut être » d’éviter la panne d’essence en vol.

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